Les monuments durables de la pudeur ou de l’hypocrisie bourgeoise

Extrait d’un texte datant de 1974, je regrette de ne pas en avoir pris connaissance pour l’écriture de mon article faisant référence au colloque de Strasbourg sur la mort des animaux domestiques à l’abattoir :

« Ce n’est qu’au cours du 19ème siècle que des abattoirs municipaux vont être construits à la périphérie des agglomérations importantes. Leur architecture, d’une froideur et d’une neutralité tout administratives, sera du même style que les prisons, les hôpitaux, les asiles, parfois même les établissements d’enseignement, qu’on édifiera également à cette époque. On le sait : la sécurité des citoyens, leur bien-être physique et moral exigent ces « équipements collectifs », pour employer, avant l’heure, un néologisme définissant parfaitement l’esprit planificateur dont les pouvoirs publics font déjà preuve. Ces édifices, abattoirs, prisons, asiles de vieillards, au-dessus du porche desquels flotte un drapeau, n’en représentent pas moins les monuments durables de la pudeur ou, si l’on préfère, de l’hypocrisie bourgeoise. »

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À propos de Michelle Julien

Essayiste, documentariste

Publié le août 22, 2014, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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