« Le syndrome du Jardin d’Éden »

J’ai nommé « le syndrome du jardin d’Éden » la vision des animalistes à l’égard des animaux. C’est un concept, une doctrine, qui ne date pas d’aujourd’hui avec la diffusion de vidéos animalières youtube (comme très récemment celle du retriever qui chercherait à sauver un poisson) sur les réseaux sociaux militants; car, déjà au 19ème siècle, à travers la publication de nombreux textes, les Sociétés protectrices animales se faisaient largement écho de ce syndrome.

En contrepoint, voici l’extrait d’un texte, datant de 1964, d’un auteur qui connaît bien les animaux :

« On risquerait de tomber dans une étroite morale franciscaine en voyant dans la soudaine douceur de l’animal la seule manifestation de son libre arbitre et en n’attribuant ses violences qu’à la part la plus obscure de ses instincts. Il n’existe pas un Éden animal et il serait absurde de considérer la bête armée de griffes et de crocs comme une créature vouée à la bonté, à l’innocence, et simplement dévoyée par la vie, ses provocations.

Nul doute que la liberté de l’animal se retrouve aussi dans la cruauté, la fourberie, car, pour aveugle qu’il soit au départ, l’instinct entraîne toujours l’adhésion de l’être vivant qui y obéit. Saurons-nous jamais jusqu’où va notre amour pour les forces qui nous gouvernent ? Il serait donc permis, dans certains cas, de parler d’une « culpabilité » de l’animal ou, du moins, de parler de sa disponibilité morale.

Les images de repos, de bonheur ou de gentillesse ne doivent donc pas apparaître comme celles de quelque état original, de quelque paradis retrouvé, mais comme celles d’un moment de la vie animale pas plus significatif que les autres. Cependant, surprenant des bêtes en paix, j’ai eu souvent le sentiment qu’elles s’accordaient à sa plénitude, à son harmonie. »

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À propos de Michelle Julien

Essayiste, documentariste

Publié le août 14, 2014, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Lorsque le ventre est plein et que les animaux se repaissent au soleil, on pourrait les croire « sans danger, » mais c’est loin d’en être le cas :

    Dernièrement, un commentaire sous une vidéo (commentée principalement par des végan, végé et autres défenseurs des animaux), m’a choqué. Une femme m’a répondu « En même temps c’est pas comme si l’espèce humaine était en voie de disparition, mais c’est bien le cas du malheureux tigre. Reconnaissez que vu leur nombre quelques indiens de plus ou de moins ça ne se remarque pas !
    Savez vous que la cuisine hindouiste se doit d’être exclusivement végétarienne et est extrêmement savoureuse ? »

    Je lui ai répondu qu’elle était très généreuse avec ces pauvres indiens, les riches étant plutôt à l’abri dans leurs maisons closes……

    Et, s’il y avait eu son propre enfant au milieu de ces pauvres indiens, qu’aurait-elle répondu ? Certainement pas la même chose !

    • « Savez vous que la cuisine hindouiste se doit d’être exclusivement végétarienne et est extrêmement savoureuse ? »

      la cuisine indienne utilise bcp de produits laitiers… ceci expliquant aussi le fait qu’elle soit « extrêmement savoureuse », sinon pourquoi même les plus puristes végétariens indiens utiliseraient du lait animal, en provenance de vaches, qui finiront à l’abattoir (ouf, elles seront tuées par des musulmans, faudrait pas non plus se salir les mains…)

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