« La mort aux rats et autres animaux » – Michelle Julien, Jean-Charles Cougny

Cet article, sur la mort des animaux domestiques, fait suite au colloque : « Déshumaniser, Désanimaliser ».

Auteurs :

Michelle Julien, essayiste documentariste

Jean-Charles Cougny, paysan écrivain

 

Résumé : Les discours animalistes actuels incriminent le « lobby de la viande » à vouloir invisibiliser la mort des animaux pendant qu’à l’ère industrielle, les Sociétés protectrices des animaux basaient leur doctrine sur une mise à mort tant cachée que productiviste des animaux domestiques dans des « usines » éloignées du regard des classes « inférieures ». Aujourd’hui, l’ère virtuelle nous abreuve d’images filmées en caméra cachée à l’intérieur d’abattoirs (et d’élevages) et de prêches ressassés par les disciples de philosophes académiques anglo-saxons, contribuant ainsi à rendre toujours plus invisibles les « vrais » animaux et inaudible, la classe des travailleurs agricoles.

Mots clés : Mort industrielle, Villes, Cimetières, Abattoirs, Chambre à gaz

 

 « La mort aux rats et autres animaux »

Sur un ton déterminé, le père de la petite Zette s’adressa au valet de chambre :

—  Joseph, vous achèterez de la mort aux rats ! Il faut en finir, la maison en est infestée.

La mort aux rats ? s’interrogea Zette. Ça se vend donc chez l’épicier, la mort ? Est-ce qu’on achète aussi la mort aux gens ? »(1)

 

Raticide, pesticide – les rats appartiennent à la catégorie des pests : en anglais, ce qui caractérise les animaux indésirables car considérés nuisibles à l’homme. On les empoisonne puisque leur chair ne se mange pas (exception faite lors de conflits, telle l’apparition de boucheries de rats pendant la guerre franco-prussienne de 1870). Toutefois, pour consommer un animal bénéfique à l’homme, l’acte de le tuer est une étape obligatoire. Pour raisons sanitaires, on ne mange pas la carcasse d’une vache retrouvée morte à l’étable ou dans un pré.

Antoine Laurent de Lavoisier, célèbre savant français du 18ème siècle et fondateur de la chimie moderne, fut également, ce que l’on sait moins, précurseur des discours hygiénistes sur la santé publique en proposant de repousser les abattoirs hors des quartiers peuplés de Paris.(2)(3) Ironie de l’histoire et tandis que Lavoisier sera guillotiné par le tribunal révolutionnaire, les doctrines victoriennes de protection animale reprirent l’idée d’éloigner la mise à mort des animaux des quartiers populeux de Londres en employant, cette fois-ci, un argumentaire moraliste afin, précisément, d’éviter la révolte des classes inférieures à l’encontre de l’aristocratie.(4) La SPA de Paris, « petite sœur de la Société protectrice de Londres » comme elle aimait se surnommer, œuvra à diffuser les doctrines victoriennes sur le territoire français, à travers ce qu’elle appelait « la politique d’adoucissement des mœurs ».

Éloigner toujours plus la mise à mort des animaux domestiques et dans des lieux toujours plus concentrationnaires, jusqu’à approuver(5) la première « usine » à tuer des cochons, en 1856, à Cincinnati(6) et ainsi, la première industrialisation de l’abattage.(7) Plus symptomatique et toujours au nom de la politique d’adoucissement des mœurs, les Sociétés protectrices des animaux encouragèrent aussi l’utilisation de la chambre à gaz pour chiens dans les fourrières/refuges en remplacement de la pendaison.(8) Tout comme l’abattoir « usine » de Cincinnati, cette autre forme de mise à mort productiviste permettait d’asphyxier jusqu’à 25 chiens errants en quelques minutes.(9)

Au 19ème siècle, la volonté de déplacer la mort des animaux domestiques concerna aussi « la mort aux gens ». Voici comment l’historien Oscar Havard décrivit les conséquences de l’éloignement des cimetières :

 

« Aujourd’hui les morts, déportés dans les cimetières lointains, sollicitent plus rarement notre âme. Moins familiarisés avec la mort, nous prêtons moins l’oreille à ses hautes leçons. Les vastes nécropoles qui s’étendent aux confins de la capitale semblent d’orgueilleuses cités où toutes les supercheries de l’art sont invoquées pour dissimuler la cruauté de la mort. Distinction des classes, suprématie de la fortune, éclat du rang, non seulement toutes les inégalités persistent ; mais de pompeux monuments les glorifient et les exaltent. Il n’est pas une pierre qui n’essaye de nous tromper et de nous décevoir. Les fleurs elles-mêmes exhalent le mensonge. Pauvres artifices ! Inutile imposture ! Triste, mais néfaste comédie ! Ce luxueux décor n’a-t-il point pour but de nous distraire des graves pensées que « l’avènement du juge souverain » et la perspective de la vie future doivent inspirer à tous les hommes ? »(10)

 

En définitive, la petite Zette posa une question pertinente. La mort aux gens s’achète bien. Et plus on est riche, plus on peut s’offrir le privilège d’une belle mort…

Revenons à nos moutons, puisque cet article se veut traiter la mort des animaux domestiques, en particulier ceux que l’on mange ; plutôt que de vous abreuver de prêches – d’autres s’en chargent déjà amplement – je préfère l’angle du vécu, du « vrai » vécu avec de « vrais » animaux. Un vécu toujours plus stigmatisé, celui des éleveurs d’animaux de la ferme.

 

Jean-Charles Cougny possède la double casquette de paysan et d’écrivain. Je lui ai demandé de nous faire partager sa vision de l’abattoir et ses réflexions sur la mort des animaux :

 

« Au journaliste, qui me posait la question récemment, l’éleveur de bovins que je suis(11) a répondu « l’endroit le plus triste du monde ». Il m’arrive très peu d’y aller. J’ai la chance de ne devoir y aller qu’une fois par an, en moyenne. Il faut dire que sur les 80 bovins que je vends chaque année, très peu partent pour l’abattoir.

Sur les 80 veaux qui naissent chaque année, je vends les mâles « maigres » à 500 kilos de poids vif à l’âge de 11 à 15 mois, c’est-à-dire qu’ils sont « finis » ou engraissés ailleurs, souvent en Italie, parfois en Algérie ou en France. Je garde 20 femelles pour renouveler les vaches reproductrices, celles que je ne garde pas sont engraissées en Italie ou en Espagne. Les vaches que je vends en fin de carrière sont souvent vendues soit au printemps avec leur veau et vont retrouver d’autres pâtures, soit à l’automne « maigres » pour être engraissées par un emboucheur. Il m’arrive parfois d’en engraisser, mais le camion vient les chercher et elles sont conduites à l’abattoir de Migennes, à côté d’Auxerre.

La seule fois où je vais à l’abattoir, c’est quand on tue une bête pour notre consommation familiale (viande partagée avec mon frère, mes parents et surplus vendu à quelques clients locaux). En général c’est une bête qui ne peut être vendue maigre parce qu’elle boite ou digère mal. Je l’emmène à l’abattoir local à Luzy, à 10 kilomètres de ma ferme, une petite ville de 1900 habitants où j’habite et qui a eu toutes les peines du monde à maintenir son abattoir et à le mettre aux normes européennes, car le tonnage est très faible (600 à 1000 tonnes par an) ce qui rend son fonctionnement coûteux.

C’est pour moi un moment pénible. Je me souviens, c’était en 1989, une jeune vache nommée Bulgare avait été abîmée au vêlage, sans doute un peu par notre faute. Le vétérinaire m’a dit qu’il fallait la faire abattre car elle avait une profonde déchirure de l’utérus. Je me souviendrais toujours de son regard quand je l’ai laissée là, entre les mains du tueur… J’évite désormais de croiser le regard des animaux à cet instant.

Toutes mes vaches ont un nom, une fiche avec leur photo, leur ascendance, leur descendance, leur poids à la naissance et toutes les données possibles. Je fais cela depuis 1989, bien avant que l’on invente des logiciels pour le faire. Je connais toutes mes vaches, ce qui n’est pas le cas de mon frère et associé. Je peux vous dire, en voyant n’importe laquelle, le nom de ses parents et souvent au-delà. Alors, quelle qu’elle soit, emmener une bête à l’abattoir, comme voir mourir un veau ou voir une bête monter dans le camion ne me laisse pas indifférent. Et le jour où cela me laissera indifférent, il faudra que j’arrête le métier. Je pense d’ailleurs à la retraite (dans 5 ans) et je me demande si je pourrais me passer de ce troupeau que je bichonne depuis 40 ans. Sans doute continuerais-je d’aider mon frère ?

Voilà, ça c’est le côté émotionnel. Il faut savoir le dépasser et se poser la question différemment : Qu’arriverait-il, si on arrêtait de manger du bœuf ? Que deviendraient ces animaux ? Seraient-ils plus heureux de retourner dans la nature ? Je leur donne à manger à volonté, elles ont les meilleures parcelles d’herbe, au printemps. S’il fait sec, en été, je leur apporte du fourrage et je récolte du foin et des céréales pour qu’elles passent l’hiver sans avoir faim. L’hiver, je leur offre un toit pour qu’elles n’aient pas froid et je dégèle l’eau pour qu’elles aient toujours de la bonne eau à boire et l’été, quand les sources baissent, je leur aménage des abreuvoirs. Je protège leur progéniture des prédateurs, des maladies contagieuses, des parasites comme les poux, la douve, les vers, les tiques.

Qu’en est-il si elles vivaient dans la nature ? Bien sûr, on dira que la liberté est plus importante que tout le reste. Sans doute. Mais on sait aussi que dans la nature, la liberté, c’est, avant tout, pour le plus fort. Beaucoup de végétariens n’ont aucune notion de la vie réelle des animaux et pensent qu’il suffit d’arrêter de manger de la viande pour que les bêtes soient heureuses. C’est bien plus compliqué que cela. Un abattoir, c’est triste mais êtes-vous déjà entré dans une maison de retraite… ou plutôt un mouroir ? Je vois en ce moment mon père, qui a 30 ans de plus que moi, un homme auparavant très actif, aller de son lit à la chaise avec des béquilles, des œdèmes plein les jambes et la mémoire qui s’en va. J’ai vu son père à la maison de retraite, la zigounette qui sortait du pyjama et passant son temps à voler le chocolat de son voisin.

Moi, je préfère qu’on m’abatte d’un coup dans la tête avant que je finisse ainsi. Cela serait plus humain.

Si une bête peut entrer à l’abattoir, légalement, elle ne pourra jamais en sortir vivante (même s’il y avait une erreur de numéro) : c’est la loi ! Pensez-vous qu’on puisse sortir de la maison de retraite autrement que dans un corbillard ?

Alors oui, c’est à la bête de décider, ce n’est pas à l’homme. Pourquoi c’est l’homme qui mène la bête à l’abattoir et jamais l’inverse ? La question n’est pas totalement aberrante, on touche simplement au domaine de la philosophie. La question de droit de vie ou de mort sur l’animal est d’ailleurs assez récente. Il faut lire l’ouvrage Le vin bourru du cinéaste-écrivain-philosophe Jean-Claude Carrière où il évoque sa jeunesse à Colombières-sur-Orb dans l’Hérault. Il raconte que dans sa famille, on élevait un porc, on le choyait, on lui avait donné un nom. Il faisait presque partie de la famille… mais quand est venu l’heure du sacrifice, c’était une fête et personne ne se posait de question, parce qu’on savait que le cochon avait eu une vie heureuse.

Je pense que ce qui est bien plus terrible, c’est l’élevage industriel comme aux USA où les animaux sont regroupés dans des feedlots(12) sans abri contre le soleil et les intempéries, sans paillage, la distribution faite par des camions. Les animaux n’ont aucune identité, ce sont des numéros, des valeurs économiques, c’est tout. Mais la souffrance animale n’est pas réservée à l’élevage industriel. Il y a des gens qui travaillent traditionnellement, qui battent leurs animaux, les nourrissent mal, ne les soignent pas quand elles ont des problèmes sanitaires (parasites, panaris, blessures) ou les laissent dehors à la mauvaise saison sous prétexte de pratiquer un plein air pseudo écologique.

L’abattoir n’est qu’un maillon de la chaîne. Il est l’une des solutions de la fin de vie de l’animal, comme l’euthanasie ou la maison de retraite peuvent être des solutions de fin de vie pour l’homme qui échappe à l’accident ou à l’infarctus et qui n’a pas la chance de mourir vieux en pleine santé, pendant son sommeil.

Ce n’est pas l’abattoir qui est sinistre, c’est la mort.

Alors, on éloigne les abattoirs des centres-villes, c’est normal, ça sent mauvais, c’est plus sûr avec les risques de maladies transmissibles à l’Homme…. À la fin du XIXème siècle, on a fait la même chose avec les cimetières, longtemps installés autour des églises. Il parait que les chiens et les porcs déterraient les os. Et puis, il a fallu décider une distance minimum des cafés et auberges. Sans doute que, lorsqu’ils avaient bu, les clients allaient profaner les tombes en urinant dessus. Maintenant les cimetières sont loin, et les tombes sont toujours profanées. Mais je m’éloigne aussi…du sujet !

C’est vrai que dans une société où quelqu’un qui martyrise un chat peut être condamné à un an de prison, l’abattoir devient quelque chose d’anachronique, qu’il faut cacher. Je pense que la production de viande est tellement coûteuse en énergie, en espace, en eau que d’ici à la fin du siècle, la consommation va beaucoup baisser dans nos sociétés occidentales et que la viande deviendra un produit de luxe.

En conclusion, je trouve que dans notre société, où l’image règne en maître, il est très facile d’émouvoir les gens en les faisant pénétrer dans un abattoir, surtout pour celui qui ne connait du bovin que la belle Brune des Alpes avec sa cloche qu’il a photographiée lors de ses dernières vacances à la montagne ou bien alors le steak appétissant dans son assiette. Mais il faut dépasser ce stade et mener plus loin la réflexion. Abandonne-t-on la voiture parce que notre cousin ou la princesse Grace de Monaco y ont laissé la vie ? Devons-nous arrêter de faire du ski parce que Michael Schumacher est dans le coma ?

Il y a sans doute encore des progrès à faire pour que les animaux soient mieux traités et ne se rendent pas compte qu’ils vont être sacrifiés. Je pense qu’il y a aussi, sur terre, beaucoup de gens qui n’ont pas la vie de mes vaches. »

 

Commenter ou ne pas commenter les propos de Jean-Charles Cougny ?

Dans un premier temps, il fut en effet question de commenter les dires de l’éleveur, d’y ajouter mon point de vue, mais j’éprouvais aussi la crainte que cela ne déséquilibre son texte et paraisse condescendant : « Ah, quand l’essayiste parle, personne ne vient lui reprendre ses propos et, bien sûr, quand un agriculteur parle, etc. »

De plus, il faut savoir que Jean-Charles ne connaissait pas mes écrits. Je l’ai contacté et lui ai simplement posé cette question : « quelle vision avez-vous de l’abattoir ? ». Il envoya ensuite ce long texte, qui, à ma grande surprise, parlait aussi des cimetières et, mieux encore, des maisons de retraite où comme les vaches à l’abattoir, les humains quittent les lieux, les deux sabots devant ; sauf qu’ils y dépérissent, des années durant, enfermés dans ces mouroirs. En anglais, « dépérir » se traduit par « waste away », terme plutôt bien approprié en l’espèce : des déchets (waste) que l’on éloigne du regard car notre société ostracise aussi la vieillesse.

J’ai également beaucoup apprécié le fait qu’il relie ses réflexions à des membres de sa famille, son père, son frère et ses vaches ! C’est exactement ce que je recherchais. Quelqu’un qui évoque une opinion basée sur son vécu. On n’est plus dans le virtuel, des images piégées et montées dont nous abreuvent, entre autres, les militants animalistes.

Et, pour faire court, voici précisément comment Jean-Charles Cougny a réagi lorsque je lui ai fait lire la totalité de l’article : « Très bien. Vous n’avez pas trahi ma pensée. Nos écrits se complètent. »

Sa réaction m’a convaincue de l’inutilité d’y ajouter mon grain de sel…

 

 

Bibliographie

 

(1). P. & V. Margueritte, Zette, histoire d’une petite fille, Librairie Gedalge, 1903

(2). J-P Poirier, « Lavoisier et les idées de bienfaisance », La Revue du CNAM n°06, Mars 1994

(3). « Discovering the Elements », premier épisode, BBC4

(4). M. Julien, Le cauchemar de Dickens, Mongrel éditions, 2013

(5). Bulletin de la SPA Paris, décembre 1857

(6). O. Commettant, Trois ans aux Etats-Unis, étude des mœurs et coutumes américaines, Pagnerre, 1856

(7). M. Julien, « Ethique animale, la bonne conscience et la mauvaise mémoire des animalistes », 2013

(8). « Huitième congrès international des Sociétés protectrices des animaux, tenu à Bruxelles en 1880 », Bulletin SPA Paris, 1881

(9). « Visite à la fourrière », Gazette des animaux, Février 1881

(10). O. Havard, Les fêtes de nos Pères, A. Mame et fils, 1898

(11). Jean-Charles Cougny est un éleveur de vaches allaitantes.

(12). Feedlots, en français, parcs d’engraissement intensif de bovins.

 

 

 

 

 

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À propos de Michelle Julien

Essayiste, documentariste

Publié le juillet 17, 2014, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Cet article fait « suite au colloque : « Déshumaniser, désanimaliser »  »
    Le titre même de ce colloque, dans sa pesanteur universitaire, faisait redouter une avalanche de présentations théoriques, abstraites et politiquement correctes. Or voici qu’il donne lieu, quelle belle surprise, à un article décapant et virulent, faisant crûment mention d’un réel habituellement oublié – les chambres à gaz pour chiens, la déportation loin des centres urbains des cimetières et des abattoirs… – et nous offre de plus le témoignage riche d’amour pour les animaux, donc pour les humains, d’un éleveur lucide face à la réalité de l’abattage.
    Merci au deux auteurs !

  2. Vous avez écrit, sur un autre post (témoignage d’un ouvrier d’abattoir) que les animalistes ne cherchent pas à discuter avec les professionnels de l’alimentation carnée et de ses dérivées. Ce qui n’est pas toujours exact et je fais parti de celles et de ceux qui souhaitent le dialogue. L’inverse est très rare, comme vous pouvez le voir sur notre site où il y a plutôt des monologues que des dialogues avec ces personnes là !
    http://lvnnapvegan.wix.com/liberation-animale

    Je vais donc faire des commentaires sur le texte de cet éleveur-écrivain, mais je ne le ferais pas dans son dos. Ainsi, je compte sur vous pour lui transmettre et de lui transmettre notre adresse mail : leurvienenousappartientpas[arobase]riseup.net ou de me donner son adresse afin que je puisse lui écrire.
    Il a écrit : « Il faut dire que sur les 80 bovins que je vends chaque année, très peu partent pour l’abattoir.
    Sur les 80 veaux qui naissent chaque année, je vends les mâles « maigres » à 500 kilos de poids vif à l’âge de 11 à 15 mois, c’est-à-dire qu’ils sont « finis » ou engraissés ailleurs, souvent en Italie, parfois en Algérie ou en France. Je garde 20 femelles pour renouveler les vaches reproductrices, celles que je ne garde pas sont engraissées en Italie ou en Espagne. Les vaches que je vends en fin de carrière sont souvent vendues soit au printemps avec leur veau et vont retrouver d’autres pâtures, soit à l’automne « maigres » pour être engraissées par un emboucheur. Il m’arrive parfois d’en engraisser, mais le camion vient les chercher et elles sont conduites à l’abattoir de Migennes, à côté d’Auxerre »
    Très peu partent à l’abattoir ! voilà qui est bien mensonger. S’il en conduit, lui, très peu, il les vend pour être engraissés…et pourquoi dont? Sinon de finir toutes et tous à l’abattoir et y compris ces vaches reproductrices !

    « … toutes mes vaches ont un nom » là, ce n’est pas très original! On nous rebat les oreilles avec ces éleveurs qui aiment leurs animaux parce qu’ils leurs donnent un nom ! Mais qu’ils envoient quand même à l’abattoir avec la larme à l’oeil parce que c’est comme ça !
    Attention, il n’est pas le seul coupable, il n’est qu’un maillon de cette chaine monstrueuse. Les consommateurs, les politiques, la société, vous, moi avant que je ne sois végan, sont aussi responsables et coupables d’envoyer des animaux à l’abattoir! Le sont d’autant plus, celles et ceux qui savent et ne font rien pour que cet ignoble massacre cesse !
    Qu’ils les bichonnent, qu’ils les aiment est une chose pas forcément étonnante en soi…Un bon artisan aura tout intérêt à bien traiter le matériel, la matière qui le fait vivre !

    « Qu’en est-il si elles vivaient dans la nature ? Bien sûr, on dira que la liberté est plus importante que tout le reste. Sans doute. Mais on sait aussi que dans la nature, la liberté, c’est, avant tout, pour le plus fort. Beaucoup de végétariens n’ont aucune notion de la vie réelle des animaux et pensent qu’il suffit d’arrêter de manger de la viande pour que les bêtes soient heureuses. C’est bien plus compliqué que cela. Un abattoir, c’est triste mais êtes-vous déjà entré dans une maison de retraite… ou plutôt un mouroir ? Je vois en ce moment mon père, qui a 30 ans de plus que moi, un homme auparavant très actif, aller de son lit à la chaise avec des béquilles, des œdèmes plein les jambes et la mémoire qui s’en va. J’ai vu son père à la maison de retraite, la zigounette qui sortait du pyjama et passant son temps à voler le chocolat de son voisin. »

    Deux sujets sont abordés ici : que deviendraient les animaux rendus libres et la question de la veillesse.

    Sur la question de la nature, nous savons pertinement qu’elle est impitoyable, cruelle (prédation, maladie, climats etc) mais ce monsieur est peut-être chasseur, je dis bien peut-être, ou du moins, peut-être encore, favorable à la chasse. C’est dire si là, il ne se préoccupe pas de l’existence pénible des animaux sauvages en période de chasse ! C’est un peu comme ces carnistes qui, d’un coup, semblent proccupés par la « souffrance » de la carotte que l’on arrache à son milieu !

    Sur la question de la veillesse, de sa déchéance, des mourroirs appelés maison de retraite :
    Prenant sa retraite dans cinq ans, je l’invite à militer pour rendre les maisons de retraites plus « humaines » ! Passer ainsi de la critique aux actes ! il y a tant à faire pour rendre le monde un peu meilleur et si peu de candidat prêt à se relever les manches pour le faire !

    Volontaire ou non, il y a quand même beaucoup de mauvaise foi : préferer la mort plutôt que la déchéance de la veillesse…mais pas sur soi mais sur les animaux !! Il a certes écrit qu’il préférerait être tué plutôt que de veillir, mais ce sont des mots…pas des actes !
    On retrouve d’ailleurs, ce souhait, ce rêve chez certains aficionados qui aimeraient tant mourir « glorieusement » dans une arène comme le taureau…Mais pas un ne le fait !

    Et là , on peut parler de l’âge des taureaux: 5 ans maximum alors qu’un bovin peut vivre 20 ans !! D’ailleurs dans une arène ou dans un abattoir, ce monsieur sait pertinamment que l’on ne tue pas les animaux quand ils deviennent âgés mais alors qu’ils sont en plein jeunesse ! Que l’on les tuent bien avant que la veillesse ne les abiment !
    Mais les tuer qu’ils soient jeunes ou qu’ils soient vieux est un meurtre. La société des humains aura considérablement évolué quand elle considérera cet acte comme un meurtre au même type que de tuer un humain.

    je viens de parler tauromachie et l’on retrouve dans sa façon d’écrire ce que l’on peut trouver dans la littérature taurine. L’impression que les élevages sont une entité immuable, figée, veille pour certaines de plus de 200 ans alors que la mort d’individus est omniprésente.
    Son troupeau qu’il bichonne depuis 40 ans, n’est plus le même. Mais à le lire, on peut croire que si. C’est ce qu’on appelle de la malhonnêté intellectuelle !

    Vous me trouvez sans doute bien excessif, peu indulgent, avec ce monsieur qui a eu la volonté et le courage de s’exprimer sur ce sujet. Vous avez sans doute raison mais pratiquant vous même parfois l’excessivité à l’encontre des végans, vous devriez être à même de me comprendre !

    Avoir la chance que l’on vous donne la parole et de dire que ce que l’on a lu ou entendu des centaines de fois est quand même bien navrant d’autant plus qu’il est écrivain !

    Nous aimerions débattre avec les acteurs directs de l’exploitation animale mais nous aimerions tant pouvoir élever le débat, que l’on aborde sérieusement la question éthique, la question de notre rapport à l’animal, de notre conduite, de ce que nous lui faisons. Cette immense gachis, cette incommensurable souffrance pour rien, puisque nous pourrions bien vivre sans exploiter les animaux !
    Certes, il y aurait un bouleversement économique, mais le veganisme n’est pas du tout la fin de la consommation, c’est consommer autrement ! Donc une économie différente pourrait se mettre en place avec d’autres métiers et l’augmentation du nombre de personnes dans certains métiers existant déjà ! Aucun perdant !
    Mais nous en sommes encore à « j’appelle ma vache Marguerite, et je pleure quand je l’emmène à l’abattoir !! « …!
    Comme vous semblez opposée au véganisme, je vous invite à lire ce texte que je vous remercie de communiquer à notre paysan-écrivain !
    http://lvnnapvegan.wix.com/liberation-animale#!reflexion/c112z
    Merci, au revoir

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