Au-delà du sexisme, la discrimination sociale et raciale ?

Au sujet du film de fin d’étude de la jeune étudiante belge en audiovisuel, qui a filmé en caméra cachée son « périple » dans un quartier défavorisé de Bruxelles.

Avant tout, je trouve l’utilisation de la caméra cachée toujours discutable, pour ne pas dire contestable. Se servir d’une caméra cachée pour filmer les gens à leur insu, pour les piéger dans leur quotidien. Personne n’a envie d’être filmé à son insu, pourquoi le faire aux autres ?

En l’espèce, le fait d’avoir délibérément choisi de filmer SEULEMENT dans un quartier à forte population immigrée d’Afrique du Nord soulève une vraie problématique. Et je suis surprise, pour ne pas dire inquiète, que cette future professionnelle des médias ne s’en soit pas préoccupée pendant le tournage et le montage de son film. Sinon, elle aurait inclus des images d’autres quartiers ET une réflexion de son vécu en balance avec celui d’autres femmes plus nuancé – afin d’éviter la décharge émotionnelle provoquée par la vision de ces images volées.

De plus, lorsque le film est présenté comme le quotidien des « femmes », c’est faux. Il existe une véritable invisibilité des femmes vieilles – évidemment, c’est un thème moins vendeur et sensationnaliste…

Vivant moi-même dans une ville « sensible » de la banlieue parisienne à très forte population immigrée, je peux témoigner que je n’ai pas le même vécu que cette jeune femme. Pourquoi ? Suis-je trop moche ? Trop vieille ? Non, je fais « couleur locale ». Non pas que je sois maghrébine. Je fais « couleur locale », c’est-à-dire je fais « pauvre ». Comme ces gens. Or, cette jeune femme, n’est pas seulement femme, elle fait « riche », « bourgeoise »… Un jeune homme blond, beau, faisant « bourgeois », aurait subi également cette « oppressante pression » – différente dans les mots et l’approche : comme être la cible idéale pour se faire « dépouiller », histoire de bien lui montrer qu’il n’est pas « du quartier », qu’il n’appartient pas à « leur monde ». Toutefois, il est toujours plus facile de s’attaquer à une femme…

Il y a quelque chose d’ailleurs de très territorial dans ces comportements.

Pour « ces gens » – et j’inclus les femmes de ces quartiers sensibles, le problème de cette belle, blonde/blanche et jeune femme, n’est pas tant qu’elle soit femme, mais le fait qu’elle cristallise toutes les discriminations et frustrations de leur quotidien.

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À propos de Michelle Julien

Essayiste, documentariste

Publié le août 5, 2012, dans Coup de gueule. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Encore une fois, vous êtes complètement à côté de la plaque.
    Bonne continuation,

    Méryl

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