La diabolisation de la viande et les médias

Deux thèmes qui m’intéressent depuis 20 ans : l’alimentation (depuis l’affaire de la vache folle) et les médias (ma formation initiale est d’être monteuse audiovisuelle).

Depuis quelques années, je note une véritable diabolisation de la viande dans les médias – un courant en provenance des États-Unis (je connais bien le monde Anglo-Saxon et j’ai vécu en Angleterre) et qui touche surtout une certaine élite : une autre manière de « séparer » les gens (séparer l’élite de la plèbe) – particulièrement les Blancs privilégiés de la classe moyenne supérieure et citadins aux « minorités » américaines : des Afro/ Hispano aux « petits » Blancs ruraux.

J’ai demandé à Jean-Charles COUGNY (www.jeancharlescougny.com/), éleveur de vaches et écrivain, d’apporter sa réflexion concernant l’attitude des médias en rapport à ce thème. Voici sa réponse :

« Les médias ne donnent à leur « clients » que ce que ceux-ci-veulent lire, voir ou entendre. Aujourd’hui, la mode est aux légumes, aux plantes qu’on cultive soi-même ou qu’on va chercher sur le marché avec son panier d’osier ou qui nous sont livrés par une AMAP. La viande : c’est Mc Do, la vache folle, la malbouffe, donc l’obésité, et les rots des vaches contribuent davantage à l’effet de serre que tous les transports réunis. Cela rassure évidemment le citadin qui se rend en 4×4 au petit marché voisin à 50 kilomètres d’où il habite. Ou alors, à la rigueur, il y a ce vieux paysan au fin fond de la cambrousse qui trait encore ses vaches à la main et nous confectionne le meilleur fromage du monde au gout vrai de bouse de vache.

Sauf qu’entre les deux, il y a aussi des gens qui ont des étables modernes, qui aiment leur bêtes et leur offre une vie agréable une partie de l’année au pré ou dans les alpages pour que le gars au 4×4 puisse l’hiver suivant faire du ski sur une surface plane et non envahie de ronce.

Voilà mon point de vue. Notre société est malade de ses médias. Heureusement, il y a des gens qui sont capables d’analyser et de prendre un minimum de recul par rapport à ce que ceux-ci nous déversent. Hélas, la majorité préfère s’en servir pour argumenter et se faire une opinion. A nous, les écrivains, de faire un travail de réparation ou d’éducation. »

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À propos de Michelle Julien

Essayiste, documentariste

Publié le juin 13, 2012, dans Coup de cœur, Coup de gueule. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. ???

    Ce n’est pas la viande qu’il faut bannir, mais tous les produits d’origine animale. Ce n’est pas une entreprise de « diabolisation », mais une entreprise éthique.

    « Sauf qu’entre les deux, il y a aussi des gens qui ont des étables modernes, qui aiment leur bêtes et leur offre une vie agréable une partie de l’année au pré ou dans les alpages pour que le gars au 4×4 puisse l’hiver suivant faire du ski sur une surface plane et non envahie de ronce. »

    Il n’y a pas d’exploitation humaine. Les vaches finissent toutes dans les mêmes abattoirs.

    • désolée pour le délai d’attente mais votre commentaire était dans une mauvaise liste, il a fallu que je le « réactive ».

      Croyez-vous vraiment que les médias fonctionnent à « l’éthique » ?

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