Un avant-goût du « Plaidoyer pour les cochons »

Retranscription de la note de lecture du comité éditorial des Éditions du Cygne concernant le manuscrit Plaidoyer pour les cochons :

« En défenseure fidèle de la cause animale, le nouvel ouvrage de Michelle Julien plaide donc à présent pour la défense des cochons.

Dans cet ouvrage, cependant, elle souligne que l’homme est à peine mieux loti, soumis aux « conditions de travail, stress, pression de productivité » dans l’univers de l’élevage intensif. Ce dernier impose en outre des emprunts importants, et les « coopératives », qui n’en ont que le nom, pèsent sur l’agriculteur pour l’alimentation aux animaux, les fournitures, les abattoirs, les « conseils » techniques et juridiques. L’auteur cite à ce sujet l’essayiste Patrick Leboutte, pour qui « l’homme est à la fois victime et tortionnaire ».

L’organisation de l’ouvrage par contrastes met en valeur les réalités de l’élevage porcin : exhibition irréaliste des fermes pédagogiques ; présentation ludique du salon de l’agriculture, où les animaux les plus courants sont en fait exclus, et où tout est édulcoré dans une maquette fort peu expliquée, en outre, par des animateurs ; image idéalisée et anthropomorphique des cochons dans la littérature pour la jeunesse. Tout cela comparé à la réalité : ce qu’est l’animal dans des conditions normales, c’est-à-dire intelligent mais souvent belliqueux, proche de l’homme au point qu’on peut en faire un animal familier , et ce qu’il devient, affaibli et hurlant dans l’élevage hors sol, les dents et la queue coupées, stérilisé à vif, ne disposant que d’un espace le plus exigu, et dont la fonction n’est que de « produire le maximum de viande dans le temps le plus court avec le minimum de frais ». L’animal n’est donc plus alors que de la viande sur pattes, qui n’est d’ailleurs même plus sur pattes dans le cas des truies allaitantes.

Un autre moyen simple, mais éclairant, est le recours aux livres scolaires et aux manuels agricoles de l’avant-guerre à des époques plus récentes. On y voit la transformation de l’élevage en des entreprises industrielles, en contradiction avec ce qu’affirmaient certains ouvrages plus anciens de la nécessité d’un certain bien-être pour l’animal. Sont tout aussi éclairantes les interviews de nombreux protagonistes de l’élevage, par exemple les étudiants en « BTS production animale » (c’est nous qui soulignons : tout un programme), et les membres de différentes associations de défense des animaux.

Le panorama est complété avec l’évocation de l’utilisation du porc comme un quasi « emblème national » par le Bloc Identitaire, raciste et intolérant … et éloigné de la réalité, ne considérant le cochon que comme « un animal politique malgré lui » !

On a donc une étude complète sur le cochon, tant dans ses représentations que de la réalité animale, et ceci par des moyens variés, entretiens, documentation, observation et enquête personnelle où l’auteur se met elle-même en scène dans ses difficultés, ce qui ajoute encore à l’authenticité. »

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À propos de Michelle Julien

Essayiste, documentariste

Publié le mars 21, 2012, dans Présentation de mes livres. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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