Les flashmobs espagnols, nouveaux modèles aux animalistes français

Peut-être la recherche d’une meilleure « mobilisation/adhésion » de ses militants ? Promis, on ne fera pas une « action de rue » à la manière des américains de PETA, mais comme nos voisins espagnols…

Des animalistes ibériques autant adeptes du spectaculaire choc et dépendants du voyeurisme des médias et du public que le mastodonte américain. Et fonctionnant de la même manière : des associations apparentées à des agences d’autopromotion  étiquetées  « vue à la télé, vue dans la presse ».

Il faut s’exhiber pour être regarder et ainsi, (donner l’impression d’) exister « médiatiquement ». Le but de la manœuvre ? Rassurer les militants/donateurs sur la prétendue « efficacité » de son agence marketing à la sauce animaliste.

Les deux associations animalistes espagnoles les plus influentes, en ce moment, dans l’hexagone ? Anima Naturalis et Igualdad Animal.

A  travers leur vidéo d’une scénette de rue contre le commerce de la fourrure, Anima Naturalis illustrent ce que j’ai déjà dénoncé dans mon ouvrage Des souris et des salopes, De la misogynie en milieu animaliste et dans mon précédent billet « Les nouvelles tactiques animalistes dans les arènes de Rodilhan » :

Les hommes parlent, communiquent, ils détiennent le rôle valorisant de « penseurs » autant qu’organisateurs d’action. Ils sont la « tête pensante » et  agissent (par les coups), tandis que des corps féminins subissent (les coups). Des femmes complaisamment violentées, victimisées ou pire, se victimisants à travers la récitation du fameux discours expiatoire propre aux militantes animalistes : « J’ai souffert, mais ce n’est rien en comparaison à la souffrance des animaux » (Mea culpa, c’est de ma faute, ma très grande faute si les animaux souffrent – Amen).

C’est de l’indécence vis-à-vis de la « vraie » souffrance que subissent certaines femmes « vraiment » victimes de violences autant que puisse être celle de « vrais » animaux.

Quant à Igualdad Animal, il suffit de taper son nom sur le moteur de recherche Google à la rubrique « Images » pour constater qu’ils reproduisent, à tout point, les mêmes visuels stratégiques que PETA, principalement accès sur une violence complaisamment pornographique des femmes (1).

(1) Je reviendrais sur l’imagerie de violence pornographique à l’égard des femmes / militantes animalistes dans un prochain billet.

Légende photo : « MADRID, 21/02/2010.- Una activista semidesnuda y ensangrentada de la asociación « Igualdad Animal » durante la protesta que han convocado hoy en la Puerta del Sol de Madrid en contra de la industria peletera española. « 

Posture soumise au « Facial sanguin »

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À propos de Michelle Julien

Essayiste, documentariste

Publié le octobre 25, 2011, dans Représentation Hommes/Femmes. Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Bonjour

    Là, je suis en partie d’accord avec votre analyse.
    D’accord quand vous écrivez : « Des animalistes ibériques autant adeptes du spectaculaire choc et dépendants du voyeurisme des médias et du public que le mastodonte américain. Et fonctionnant de la même manière : des associations apparentées à des agences d’autopromotion étiquetées « vue à la télé, vue dans la presse ».

    Il faut s’exhiber pour être regarder et ainsi, (donner l’impression d’) exister « médiatiquement ». Le but de la manœuvre ? Rassurer les militants/donateurs sur la prétendue « efficacité » de son agence marketing à la sauce animaliste. »

    Comme ici, il s’agit de dénoncer la fourrure, plutôt plus portée par les femmes, les hommes ont le beau rôle. Et que l’on entend beaucoup moins les associations animalistes dénoncer le cuir, la laine portés là ausi bien par les femmes que les hommes !

    Là, où je ne suis pas d’accord, c’est que vous faites des généralités. On trouve aussi des femmes dans des postes clefs au sein des assocations, dans la communication etc.
    Les rôles de chacunes et de chacuns ne sont pas tracés comme vous le sous-entendez !

    • absolument d’accord avec vous, il y a des femmes, par exemple, dirigeantes de très importantes organisations animalistes : le meilleur exemple est bien sûr Ingrid Newkirk, présidente de PETA mais, et je l’avais d’ailleurs noté dans un de mes précédents livres : Ingrid Newkirk se dit être « un garçon, le fils de son père », qu’elle a créée PETA avec un homme (Pacheco) et qu’elle est devenue végé par un homme (Singer)

      permettez-moi de souligner le fait que dans le milieu végétariste et PA, ce n’est pas rien, le fait que ce sont des hommes qui soient en majorité des idéologues et préconiseurs de morale alimentaire : cela ne vous évoque rien ? De tous temps dans les religions, ce sont les hommes qui préconisent la manière de manger (pas de viande le vendredi pour les cathos, le carême, la manière de tuer rituelle, etc) – cela s’adresse forcément principalement aux femmes car ce sont elles (encore) qui préparent les repas, et surtout nourrissent les enfants

      dans le végétarisme/véganisme, ce n’est pas non plus un hasard si les femmes sont réceptives majoritairement à ces injonctions (80% des végés sont des femmes) qui servent – une nouvelle fois – à contrôler leurs corps…

  2. Dans un autre de vos posts, vous critiquiez le comportement machiste du trio Jean-Pierre Garrigues, David Chauvet et Christophe Marie qui avaient menés aux casse-pipes des militantEs anticorrida à Rodhillan. Critiques que je ne partage pas mais là n’est pas le sujet !
    Tout cela pour vous dire que la lutte anticorrida, par exemple, a et est aussi menée par des femmes. Claire Starozinsky pour l’Alliance Anticorrida et Josyane Querelle qui fut pendant une dizaine d’année présidente de la FLAC.
    Je pense (je dis bien je pense et je n’ai pas les moyens de savoir si j’ai totalement raison) que les femmes (en règle générale) sont moins à la recherche du pouvoir que les hommes (ou certains hommes).
    Mais celles qui ont soif de pouvoir arrivent à leurs fins et elles accèdent à des postes de pouvoirs (présidence dans des sociétés, des associations, ministres etc etc !)
    Je ne pense pas qu’il y a un frein (du moins dans nos pays) à l’éducation, à la connaissance et que les filles sont traitées comme les garçons dans les milieux scolaires et universitaires. Sauf, peut-être, dans les milieux scolaires défavorisés où on va plutôt pousser les filles à apprendre à faire des trucs considérés de femmes ! Mais dans ce milieu pauvre, exclu de la société, le pouvoir n’est ni pour les filles ni pour les garçons qui seront aux mieux de bons serviteurs de celles et ceux, plus riches, qui ont le pouvoir !
    Parce ce que je pense que le pouvoir est plus facile à obtenir quand on vie dans de bonnes conditions sociales, quand on a eu les moyens d’étudier. Ce n’est pas une question de sexe !
    Quand à votre analyse au second paragraphe, elle me laisse dubitatif, ainsi que ma compagne (et je n’ai pas du tout l’impression d’être « le chef de famille » pour qu’il n’y est pas d’ambiguîté.)
    Au premier abord, on peut penser que vous prenez fait et cause pour les femmes qui se feraient manipuler par les hommes ! Mais c’est aussi un argument machiste puisque vous déniez aux femmes la capacité même de penser, de réfléchir, d’agir par elles-même !
    Effectivement, et vous devez connaître le sujet puique vous avez étudier la question des refuges, des associations de défense animale au 19e siècle, qu’il y a un profond changement.
    Pendant longtemps, ce fut le terrain de « mémères à chiens-chiens », par ailleurs carnistes, mais auxquelles je rends hommage car ce sont elles qui ont dressées les premières pierres de cette édifice.
    Au 19e siècle, la bienfaisance (à l’endroit des humains et des animaux) étaient plutôt le fait de femmes plus ou moins riches (femmes d’industriel par exemple) qui faisait, peut-être, cela par désoeuvrement, par charité chrétienne, ou, peut-être, qu’elles se sentaient coupables du traitement que leurs maris infligeaient aux ouvriers.
    C’est d’ailleurs, sans doute, pour cette raison, que les milieux de gauche, d’extrême-gauche et libertaire ne voient pas d’un bon oeil la défense des animaux ! Ils n’ont pas vu ou feintent de voir que le mouvement animaliste a bien évolué!
    L’autre raison est qu’ils ont peur que l’antispécisme porte un coup fatal à leur putain d’humanisme !
    Donc oui, la situation a changé. Oui, les philosophes de la cause animale sont plutôt masculin (pourtant nous avons Florence Burgat, Elisabeth de Fontenay !) mais sur le terrain, je ne suis pas sûr que ce sont les hommes qui règnent sur les postes clefs !

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