Les dessous du nœud autoroutier de la porte de Bagnolet

 

Quelques instantanés pour illustrer la « balade » des dessous du nœud autoroutier de la porte de Bagnolet

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Trouvez l’intrus  –  Indice : ça ne roule pas

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Idéalement visible du périph’, l’enseigne « Porte blindée  Tordjman »… Bienvenus dans le 9-3 !

sapinnoelAprès le jeté de mégot – plus spectaculaire, quand la voiture est en marche, le jeté de sapin de Noël

DSC02874Des marcheurs ?

DSC02875Juste une illusion…

DSC02895Les tours Mercuriales ou « La Défense du pauvre »

DSC02883« L’oiseau sur le A du logo d’Auchan est un rouge-gorge qui rappelle le côté sympathique et proche de l’homme » (rubrique « Historique » du site officiel Auchan)

DSC02878« Attention de 0 minutes à 15 minutes, traversée payante 3 euros » – En revanche, y parquer sa voiture pour aller faire des courses, c’est gratuit…

DSC02890Des caddies attendent l’ascenseur…

DSC02888Mais ce n’est pas lui qui monte

barbelesDes barbelés, contre qui ?

pigeons« Lieu de rencontre », surtout pour les pigeons

Photos et textes d’accompagnement : Michelle Julien

« Les dessous du nœud autoroutier de la Porte de Bagnolet »

« Depuis 1969, des milliers de voitures empruntent chaque jour les 19 ponts et viaducs entremêlés de l’échangeur de la porte de Bagnolet… Un terrible carrefour autoroutier hostile à toute présence humaine. Pourtant, le projet de départ voulait en faire un lieu de rencontre !

Que reste-t-il aujourd’hui de cette belle idée ? Contre toute attente, un passage secret sous ce monstre de  béton, un véritable coin de paradis où le silence est d’or !

Balade proposée par l’association A travers Paris.  Rassemblant des étudiants de différentes disciplines (architecture, urbanisme, sociologie…), l’association vise à décrypter les mécanismes de la ville et de ses quartiers et découvrir des territoires en mutation. »

http://www.tourisme93.com/visites/1222-7874-balade-les-dessous-du-noeud-autoroutier-de-la-porte-de-bagnolet-.html

Stéphanie Chevrier et les éditions « Don Quichotte »

J’ai écrit un manuscrit ( Contrôle social et protection animale) qui est, entre autres, un essai de critique de l’animalisme et de l’« antispécisme ». A partir de l’angle social, je tâche d’apporter un contrepoint à cette doctrine qui se diffuse grâce, entre autres, à l’accueil qu’elle trouve dans les médias (Libération, Les inrocks, Le Monde, Marianne, Le Point, etc.), en particulier depuis quelques années.

Mon travail d’écriture n’étant pas une commande d’éditeur, je dois me charger seule de trouver un professionnel qui accepte de publier ma prose.

Le 17 septembre 2015, j’ai envoyé mon synopsis à l’adresse mail des éditions Don Quichotte. Le jour suivant, Madame Stéphanie Chevrier en personne m’a répondu que, l’éthique animale étant l’un des prochains thèmes envisagés par sa maison d’édition, elle serait intéressée par mon manuscrit. Par retour de courriel, je lui envoie donc en pièce jointe au format PDF. Aucune réponse ne vient, si bien que, courant décembre, je la recontacte par mail (car elle ne communique aucun numéro de téléphone et l’adresse semble être celle d’une boîte postale).

Silence. Madame Chevrier ne prendra jamais la peine de me recontacter alors que c’est bien elle qui a demandé de lire mon manuscrit.

Le 2 janvier 2016, j’apprends, en consultant le réseau militant « antispéciste » (facebook), que les éditions Don Quichotte publieront, le 17 mars prochain, Antispéciste, le nouvel « oracle »* du « visionnaire »* Aymeric Caron (auparavant publié chez Fayard).

Le comportement de cette éditrice, généralement reconnue comme « très professionnelle » me paraît non seulement méprisant, mais aussi malhonnête, car elle n’ignorait évidemment pas que A. Caron préparait un ouvrage pour sa maison d’édition. De sorte qu’il est permis de trouver suspecte sa demande de voir mon manuscrit.

Il est très douteux qu’elle aurait eu la même attitude à l’égard d’un « pipole » ou d’un très grand journaliste d’investigation de la trempe d’un… FOG ; pour Caron, on connaît déjà la réponse. 

« Don quichotte » est-il un éditeur partisan, « engagé » ? ou seulement un opportuniste ?

* : Allusion à l’article « Entrecôte d’alerte » , Les dossiers du Canard, n°136

Ethique animale, la bonne conscience et la mauvaise mémoire des animalistes – Michelle Julien

Article publié dans la revue ÉTUDES SUR LA MORT,  numéro N°145 de Juin 2014, sur la thématique du colloque : « Déshumaniser, désanimaliser ».

Michelle Julien, essayiste/documentariste

Titre : « Ethique animale, la bonne conscience et la mauvaise mémoire des animalistes »

Résumé : Mise en perspective historique des Sociétés protectrices animales qui, à leur origine, approuvaient la mise à mort productiviste des animaux dans les abattoirs et les fourrières/refuges : du premier abattoir « usine » pour cochons aux chambres à gaz pour chiens. Si aujourd’hui le terme « éthique animale » est préféré à celui de « protection animale », dans le débat intellectuel, n’a-t-il pas pour même objectif de (ré)éduquer les classes inférieures afin qu’elles se conforment à un standard de vie et de consommation ?

Mots clés : Protection Animale, Éthique Animale, Classe Moyenne Urbaine, Classes Inférieures, Standard

J’ai choisi d’exposer le point de vue de la protection animale, toute la protection animale : welfaristes, droits animalistes, antispécistes, abolitionnistes, végétaristes, véganistes, même s’ils fonctionnent par clans et clubs (1), leur socle commun remonte au XIXe siècle avec la création des premières Sociétés protectrices des animaux.

Le titre du débat : «  Éthique animale, tuer les animaux est-il un crime? »

Dans le milieu animaliste, le terme « meurtre » est préféré à « crime », en référence au titre de la chanson « meat is murder » du groupe anglais The Smiths. Leur chanteur Morrissey est végétarien depuis l’âge de 12 ans, selon lui : « Manger de la viande est la chose la plus dégoûtante que je puisse imaginer, c’est comme croquer dans votre grand-mère (2)». Morrissey est également un supporter actif de l’organisation animaliste américaine PETA (People for the Ethical Treatment of Animals). PETA se qualifie d’organisation antispéciste influencée par l’universitaire Peter Singer, – Peter Singer est aussi un grand ami d’Ingrid Newkirk, présidente de PETA. Pour définir le sens du mot « antispécisme », je préfère donner la parole à un militant animaliste :

« Peu importe le degré de motivation personnelle, devenir végétalien immédiatement est obligatoire. En fait, quiconque a déjà mangé de la viande, moi inclus, mérite le même châtiment que les pires meurtriers en série. Il n’y a aucune différence morale entre la consommation de viande et le meurtre puisqu’il n’y a aucune différence fondamentale dans les capacités de souffrance des animaux humains et des animaux non-humains. Dire que de tuer un humain est pire que de tuer un animal non-humain est spéciste. C’est aussi absurde que de dire que tuer un blanc est pire que tuer un noir :

  • Ne pas commettre de meurtre n’est pas un choix personnel, c’est interdit pour tous.
  • Animal non-humain autant sujet de considération morale que animal humain
  • Manger de la viande = meurtre.
  • Végétalisme aussi obligatoire qu’il est interdit de commettre un meurtre(3). »

Manger de la viande = meurtre. Qu’est ce qu’un meurtre ? Selon la définition du premier dictionnaire de l’Académie française de 1694 :

Meurtre : Homicide, crime de celui qui en tue un autre injustement avec violence et effusion de sang.

Crime de celui qui en tue un autre, qui est cet « autre » ? Pour définir le meurtre, homicide vient en premier et dans homicide, on retrouve le mot latin homo pour homme. Il est donc convenu que homicide désigne l’acte de tuer un autre homme, un autre être humain.

Pour le mot crime, la première édition du dictionnaire de l’Académie française donne la définition suivante :

Crime : Action méchante et punissable par les lois.

La loi punit l’acte de tuer, mais avec des nuances. En anglais, l’homicide se divise en murder (homicide avec préméditation) et en manslaughter (homicide involontaire ou avec circonstances atténuantes) ; « c’est considéré par la loi comme un acte moins coupable que le meurtre (4)».

Manslaughter est composé de man (homme) et de slaughter qui, lorsqu’il est associé au mot animal, désigne le fait de tuer les animaux pour la nourriture. Slaughterhouse est d’ailleurs l’endroit où les animaux sont tués pour la nourriture. En français, c’est l’abattoir.

Rappel historique sur les abattoirs et qui va nous conduire au XIXe siècle avec la création des premières Sociétés protectrices des animaux au monde. La première est anglaise, elle fut fondée en 1824 par une élite appartenant majoritairement à l’aristocratie anglaise et à l’église, présidée par la reine Victoria et aujourd’hui par la reine Elisabeth II.

En France, la première société protectrice fut initiée par deux aristocrates, également fondateurs de la Société de la morale chrétienne, et se composait aussi d’une élite aristocratique, de médecins, vétérinaires, avocats, agronomes, professeurs, instituteurs et de militaires gradés. C’est la SPA Paris ou plutôt, comme elle se surnommait, « la petite sœur de la Société protectrice de Londres ».

Ces « Sociétés » se nommaient ainsi, pas seulement parce qu’il était en vogue au XIXe siècle d’utiliser ce mot. Elles œuvraient à un véritable projet politique dans le domaine social, économique et moral : « Élever le niveau social, augmenter la puissance productive et adoucir les mœurs (5)». Pour élever le niveau social et augmenter la puissance productive, les Sociétés protectrices animales encourageaient la zootechnie : une conception de l’élevage basée sur le commerce et la sélection productive des races dans l’objectif de diminuer le prix des denrées alimentaires en les rendant plus abondantes (6).

La politique d’adoucissement des mœurs s’adressait aux « classes inférieures » et consistait à encourager la possession d’un animal au foyer, en particulier le chien, et à empêcher d’assister à la mise à mort d’un animal destiné à l’alimentation parce que, selon les Sociétés protectrices, « le spectacle de l’abattage des animaux par les bouchers, dans leurs boutiques ouvertes sur la rue et offert ainsi à la population, endurcit les cœurs et peut faire naître, principalement chez les enfants, des idées de cruauté qu’il importe d’éloigner de leur esprit (7)». Pourtant, avant de remettre le rapport sur sa proposition de Loi – la fameuse Loi Grammont qui interdit la maltraitance publique des animaux domestiques – la SPA avait constaté que « les statistiques judiciaires ne prouvent pas que les bouchers fournissent plus de criminels que les autres professions. Il est même observé que, dans nos troubles civils, peu de bouchers se sont fait remarquer par leur cruauté (8)».

Il fallait néanmoins rendre l’abattage invisible aux populations consommatrices des villes car les Sociétés protectrices considéraient le travail de boucher comme « un spectacle dégoûtant et démoralisateur (9)» ; la Société protectrice anglaise allant même jusqu’à recevoir des legs « pour l’établissement de nouveaux abattoirs, loin des quartiers populeux de Londres (10)».

Les Sociétés protectrices animales œuvraient ainsi à un véritable projet politique. L’humoriste Coluche disait qu’« en politique, il suffit d’avoir une bonne conscience et, pour cela, il faut juste avoir une mauvaise mémoire ». Aujourd’hui, les sociétés protectrices animales ont oublié qu’elles ont loué la zootechnie, qu’elles voulaient cacher au « classes inférieures » ce qui se passe dans les abattoirs et qu’elles encourageaient également la mise à mort productiviste des animaux domestiques.

La sociologue Catherine Rémy a écrit que « c’est la concentration de l’activité d’abattage dans un lieu unique, l’abattoir, qui engage la transition vers une production industrielle de la viande (11)». Toujours selon Catherine Rémy, « le processus d’industrialisation de l’abattage prend son essor à la fin du XIXe siècle dans les abattoirs de Chicago (12)». En fait, le premier abattoir mécanisé n’était pas situé à Chicago, mais à Cincinnati.

L’année 1856, après un voyage aux États-Unis, Oscar Commettant publie une étude où il décrit ce qui paraît être la première industrialisation de l’abattage. Dans une même « usine », les cochons étaient égorgés, puis passaient dans de larges chaudières d’eau bouillante tandis qu’un autre compartiment les dépeçait, symétriquement coupés, salés et mis en baril.

« L’usine se compose de quatre grands corps de bâtiments rattachés tous par des ponts suspendus. Plus loin, comme des plaines vivantes que va bientôt faucher la dévorante machine, sont parqués d’innombrables troupeaux de porcs, appartenant à différents propriétaires, qui les amènent à cette usine comme on apporte du blé au moulin pour le moudre.

Tout cela se fait avec une si étonnante promptitude qu’on a de la peine à suivre les cochons dans ce rude et multiple travail de tant d’opérations diverses. Les cochons succèdent aux cochons, comme les chevaux de bois succèdent aux chevaux de bois dans le jeu circulaire qui porte ce nom. Joignez à cela les cris rauques et sinistres des cochons égorgés, suspendus en guirlandes sonores partout autour de vous (13). »

La seule présence humaine est « le mécanicien en chef », celui qui guide les cochons vers l’entrée du compartiment de la machine appelé « l’égorgeoir » ainsi que les « ouvriers » qui trient les « bonnes parties de l’animal à conserver. À la publication de cette étude, la SPA Paris réagira en « approuvant le perfectionnement apporté à la manière de tuer les porcs aux Etats-Unis (14)» car, selon elle, « ce procédé expéditif est parvenu à abréger autant que possible les souffrances qui accompagnent ordinairement la mort de ces animaux. Une étonnante rapidité qui contraste singulièrement avec la pénible lenteur passée en usage dans nos abattoirs (15)». Ainsi, la Société protectrice des animaux approuva le premier abattoir « usine », prélude de tous les autres abattoirs industriels.

Autre élément intéressant, Oscar Commettant rapporte que « ce curieux établissement est souvent visité par les étrangers qui passent à Cincinnati ». Même si l’anthropologue Noélie Vialles explique que « les abattoirs industriels acceptent des visiteurs généralement professionnels, mais également des groupes scolaires non nécessairement destinés aux métiers de la viande (16)», le fait qu’un touriste puisse visiter un abattoir, comme on visite n’importe quel établissement pittoresque, semble aujourd’hui insolite ; c’est pourquoi il est important d’aborder la question de la perception de la viande et des abattoirs.

Tout d’abord la perception de la viande, une perception gustative, olfactive et visuelle :

Dans son livre No steak (17), le journaliste Aymeric Caron affirme que l’écrivain Marguerite Yourcenar était végétarienne. Yourcenar a dit à propos de la viande : « Je ne vois pas comment je pourrais digérer de l’agonie ». Yourcenar emploie le verbe voir et ce quelle voyait dans la viande d’animaux terrestres, elle ne voyait pas dans le poisson car Marguerite Yourcenar ne s’embarrassait pas de « digérer l’agonie » de la chair d’animaux aquatiques. Le fait de se définir comme végétarien tout en continuant à manger du poisson et/ou du poulet revient constamment dans les sondages sur le profil des végétariens. Dans le pays cité comme la nation végétarienne de l’Europe, un végétarien britannique sur cinq admet manger de la volaille et plus de la moitié du poisson (18). En 2011, une étude sur les hypermarchés britanniques a montré qu’ils préfèrent maintenant labelliser leurs plats cuisinés végétariens avec la mention « sans viande » au détriment du mot « végétarien » afin de se distancier des « connotations négatives ou dépassées du végétarisme » (19).

Dans un entretien récent, le chanteur Julien Doré déclara : « Il n’y a que dans le cheeseburger que je peux manger de la viande. Je suis très sensible au sort des animaux. Je ne supporte pas les boucheries où l’on voit les carcasses (20). Et il ajouta dans un autre entretien publié quelques jours après le précédent : « Je suis devenu végétarien. L’industrialisation de la mort animale me choque (21)». Deux citations pleines de contradiction, en apparence, où l’on retrouve cette notion de perception visuelle de la viande. Mais ce qui est aussi intéressant, dans les propos de Julien Doré, est sa perception gustative et visuelle du cheeseburger. C’est la seule viande qu’il puisse manger, on suppose parce qu’il aime le goût, et c’est justement dans le cheeseburger (et même le burger) que la viande n’a pas le goût de viande, ni même l’apparence. Ainsi, pour Julien Doré, se déclarer végétarien n’est pas en contradiction avec le fait de manger du cheeseburger car cela n’a justement pas le goût ni l’apparence de viande.

Après la perception de la viande, la perception des abattoirs et, au delà des abattoirs, la perception de la mise à mort des animaux puisqu’au XIXe siècle, l’objectif des Sociétés protectrices animales fut justement de rendre invisible l’abattage des animaux pour la consommation. Le chanteur Paul McCartney, militant végétarien, a dit : « Si les murs des abattoirs étaient transparents, le monde entier serait végétarien ». Je ne suis pas d’accord, les humains ne sont pas des clones. La perception est propre à chaque individu. Il est même plutôt inquiétant de chercher à vouloir enfermer les humains dans un standard, en niant cette diversité humaine qui en fait tout étant sa richesse. D’ailleurs, on constate qu’au sein même des végétariens, les gens n’ont pas tous la même approche du végétarisme et ne sont pas tous devenus végétariens pour la même raison ; quand ils sont vraiment végétariens et pour combien de temps…

Comment reconnecter le consommateur à ce qui lui a été délibérément cachée depuis tant d’années : la mise à mort de l’animal et sa transformation en viande. Un programme de la BBC a tenté d’y remédier : « Kill it, Cook it, Eat it » (Tue-le, Cuisine-le, Mange-le). Diffusé en mai 2008, le principe de l’émission fut de montrer, à un panel de différents profils de consommateurs, des animaux vivants (bovins, ovins, cochons, poulets) qui entrent dans un abattoir, puis après avoir été tués et dépecés sous leurs yeux, la chair des animaux est cuisinée puis proposée à la dégustation. « Montrer » ne signifie pas « montrer des images », toutes les personnes du panel étaient bien à l’intérieur de l’abattoir et avaient vu préalablement l’animal dans son élevage. Précision : le tournage s’est déroulé dans un petit abattoir sans cadence industrielle. De plus, les explications d’une vétérinaire accompagnaient les différentes étapes d’abattage et de découpes de l’animal. Les commentaires les plus souvent entendus furent : « les animaux sont tués humainement », « les bouchers font un travail très soigneux et respectueux de l’animal », « le bien-être des animaux est respecté ». La majorité des gens qui avait assisté à la mise à mort de l’animal, acceptait ensuite de manger sa viande. Quelques réactions discordantes :

Une femme fut incapable de manger son morceau d’agneau et s’est excusée d’être bouleversée, puisqu’elle était restauratrice, et qu’elle avait déjà visité un abattoir. Un homme, présenté comme un gros consommateur de viande, fut également incapable de manger sa pièce de bœuf et s’interrogeait sur le fait de devenir végétarien et de se mettre au veggieburger, en précisant que cela serait temporaire. Un homme qui n’avait pas mangé de viande depuis six mois, suite à un reportage sur des élevages, accepta de manger son morceau de viande car « l’animal avait été tué humainement ».

Arrêtons-nous un instant sur le commentaire de cet homme qui dit avoir arrêté de manger de la viande suite à un reportage sur des élevages. Il ne précise pas quel type de reportage et sur quel support. Néanmoins, il existe sur le Net de nombreuses vidéos reprenant le vocabulaire journalistique de « reportage » ou « enquête » filmées et diffusées par des organisations animalistes végétaristes. Des vidéos dans des bâtiments d’élevages intensifs de cochons, de vaches, de canards, de poules, ou bien encore dans des abattoirs.

Ces vidéos de « propagande » – c’est le mot employé par l’idéologue animaliste Martin Balluch (22) – ont pour objectif de convertir au végétalisme tous ceux qui les visionnent. Leur manière d’être filmées se rapproche de la pornographie gonzo : des images cut, des gros plans anatomiques, des hommes sans visage ou le visage flouté, des animaux allongés, accroupis, des lumières glauques, des humains deshumanisés, leurs gestes sont mécanisés, des animaux tout autant désanimalisés, ils ne sont que chair désincarnée, on ne sait rien d’eux, on apprend rien d’eux en tant qu’individu, comme on apprend rien et on ne sait rien des travailleurs de ces bâtiments. La représentation de ces humains et de ces animaux, sans identité, est toujours associée à de la violence et de la laideur.

La manipulation émotionnelle de ces images empêche tout raisonnement : soit vous devenez végétalien, soit vous êtes complice, pas seulement du meurtre ou du crime, mais de la shoah, de l’holocauste des animaux, car cette dictature des émotions fortes, toujours plus fortes, va de pair avec le raccourci des slogans chocs.

Pour évoquer mon cas personnel, lorsque j’ai vu pour la première fois, « en vrai », une vache, et non plus une image de PETA ou d’une autre organisation animaliste qui se flatte de faire des « films de propagande », ma première réaction, le premier mot que j’ai eu à l’esprit fut « fort » : une vache, c’est fort, les vaches sont fortes ; ensuite, l’autre mot fut « beau » : c’est beau, une vache. On est loin de l’allégorie victimaire dont se nourrissent les organisations animalistes : les vaches sont des victimes, les vaches sont des victimes et il faut les pro-té-ger. En les parquant dans les refuges des Sociétés protectrices ? Des refuges comme ceux pour les animaux dits de compagnie : des cages, des mouroirs, des têtes de gondoles avec les chouchous des bénévoles, des couloirs de la mort, des refuges où l’on gère les animaux selon leur potentiel de vente, seuls les mignons, les petits, ceux à la mode et les racés échapperont à la chambre à gaz… pour combien de temps ?

Après la perception des abattoirs, la perception des travailleurs dans ces abattoirs et, en particulier, celle des animalistes sur les travailleurs des abattoirs. La fermeture de l’abattoir Gad dans le Finistère, en octobre 2013, a fait réagir les militants des réseaux sociaux animalistes. En voici un petit échantillon parmi des centaines de commentaires :

« Franchement, ces salariés payent pour toute l’indifférence dans laquelle ils ont tué ces animaux, pendant toutes ces années. Je n’arrive pas à les plaindre.

Je pleure pour les cochons mais sûrement pas pour ces futurs chômeurs qui font la une des journaux depuis hier. La société actuelle ne pense qu’à bouffer par n’importe quel moyen. Les fruits et les légumes, c’est bon pour la santé.

Je ne les plains pas non plus, quand on sème le malheur, la souffrance et la pollution, ça nous retombe dessus un jour ou l’autre ! Bien fait pour eux, qu’ils aillent cultiver des légumes !

Ces en****** méritent tout le malheur possible!!!! Ils ne pensent qu’à leur salaire, salaires en contrepartie de leur sale travail!!! Honte!!!!!!!!!!!!!!!!

Pour faire ce boulot, faut déjà être complètement taré, aucune compassion pour ces gens là.

Les cochons sont enfermés depuis le début du mouvement sans eau ni nourriture, qu’ils aillent pointer à Pôle Emploi, je ne peux être solidaire de cette espèce qui assassine des Animaux !!!!!!!!

Tuer des cochons ? Ce sont eux les sales porcs qui vont se retrouver au chômage. Juste retour des choses.

Ce conflit me dégoûte. Leur métier me dégoûte, je n’arrive pas à avoir de compassion pour leurs revendications, la violence qu’ils ont déployée DÈS le début du conflit m’effraie.

Quelle horreur, libérez ces cochons. Et les salariés, retrouvez un peu de dignité et allez faire un travail qui respecte le vivant.

C’est bien fait pour leur gueule !!! Qu’ils se retrouvent dans la merde et sans emploi !!! Qu’il leur arrive la même chose qu’ils ont fait aux animaux !!!

On devrait les tuer ces gens !!!!

J’ai aucune compassion pour ces gens dégueulasses qui ont assassinés de pauvres bêtes, pendant des années ! C’est à leur tour de crever ! Je suis très heureuse qu’ils se retrouvent sans boulot, sans fric, bien dans la merde et qu’ils y restent.

S’ils se retrouvent au chômage, ils arrêteront peut être de pondre. Bonne nouvelle, car les chiens ne font pas des chats (23). »

Pourquoi une telle incompréhension, pour ne pas dire haine, des militants animalistes envers ces travailleurs ou plutôt cette « espèce » des abattoirs reléguée à l’état animal puisqu’elle « pond et que les chiens ne font pas des chats ». Début d’explication avec le poète irlandais Seamus Heaney qui a écrit : « La protection des animaux fait de l’effet en ville où l’on ne considère pas la mort comme naturelle (24)». De plus, selon l’historien britannique Keith Thomas, « il y a un lien entre l’émergence de la question des droits des animaux et la séparation entre les habitants des villes et les animaux ; ceux qui s’indignent de la mort des animaux ne sont pas ceux qui sont en contact direct avec eux (25)».

J’ajouterais une autre explication, le rapport de classes. La majorité des militants animalistes appartiennent à la classe moyenne urbaine, la même classe sociale que Charles Dickens, décrite de la manière suivante par George Orwell : « L’univers intellectuel de Dickens est celui de cette petite bourgeoisie urbaine. Le grand handicap du petit bourgeois des villes, qui fait également sa force, c’est sa perception bornée. Le monde est pour lui celui de la classe moyenne, et tout ce qui se trouve en dehors de ce monde est soit ridicule, soit sournoisement pervers (26)».

Ce rapport de classes est d’ailleurs évoqué par un militant animaliste, toujours au sujet des travailleurs de l’abattoir Gad :

« Les prolétaires licenciés des abattoirs GAD sont tellement abrutis, conditionnés, aveuglés par leur ignoble atavisme, que je renonce à tenter de les éduquer. Ils sont absolument submergés par leur criminelle pensée prolétarienne primaire et déshumanisée. Comment, dans ces conditions, tenter de leur faire comprendre l’ignominie de leur existence de tueurs et dépeceurs d’animaux?

Gagner sa vie à assassiner des mammifères est une indignité extrême dont ils sont incapables de prendre conscience dans l’état passionnel et culturel où ils se trouvent. Mais leur présenter ainsi la chose (en leur disant ces mots vrais qui sont à des années-lumière de leurs préoccupations purement matérialistes) leur paraitrait tellement risible, au niveau de conscience de brutes où il en sont, que le mieux est de laisser cette humanité misérable évoluer à son rythme au lieu de vouloir stérilement l’aider.

Que ces arriérés pataugent dans leur merde jusqu’à leur mort car tel est leur destin d’animaux humains incapables de concevoir la vie autrement qu’à travers leur salaire de tueurs professionnels. Ces esclaves consentants n’ont pas d’autre religion que leur salaire et au nom de ce culte inepte ils sont capables du pire. La preuve : ils travaillent dans des abattoirs (27). »

Comment en est-on arrivé à un tel fossé ? La manière de communiquer des organisations animalistes s’apparente de plus en plus à l’univers de 1984 : une omniprésence de la diffusion d’images, une caméra qui piège puisqu’elle est dissimulée, un « novlangue » fait d’assemblage de mots, tel spéciste ou carniste, et ce rituel quotidien de haine déversée sur les réseaux sociaux par des militants tout autant emplis d’une bonne conscience que d’une mauvaise mémoire sur l’histoire de leurs propres Sociétés protectrices.

En conclusion, je m’interroge sur la place grandissante que prend, depuis quelques temps, l’éthique animale dans les sphères élitistes de notre société : les universitaires, les écrivains, les juristes, les journalistes ; ces individus s’intéressent-ils vraiment aux animaux ? Quels sont leur perception et leur rapport aux animaux ? Vivent-ils avec eux et comment ? Néanmoins, je m’interroge surtout si l’éthique animale, comme en son temps la protection animale, n’est pas encore un moyen pour une élite de diviser les humains. Les sociétés protectrices animales du XIXe siècle parlaient d’éduquer les mœurs rurales et ouvrières, de civiliser les barbares. Dans le milieu animaliste, l’humain répond à un standard, tout le monde doit maintenant être végétarien, tout le monde doit manger du burger et du steak de soja – et bientôt aussi de la viande in vitro, tout le monde… vraiment tout le monde ou, au final, surtout les « mœurs rurales et ouvrières », les « barbares à civiliser » ou mieux encore, les « tarés », les « pervers », les « arriérés », les « dégénérés »… un vocabulaire que l’on entend aujourd’hui parmi les militants et dirigeants animalistes pour désigner ceux qui n’appartiennent pas à leur classe.

Cet article répond au débat : « L’éthique animale : Tuer les animaux est-il un crime ? », du colloque Déshumaniser, désanimaliser, de l’abattoir à la viande in vitro, décembre 2013, Strasbourg

Notes :

(1) Définition du mot club, dictionnaire Larousse : « Groupe fermé constitué par des personnes ou des pays disposant de certains pouvoirs ou ayant des intérêts similaires» (consultation en ligne, mai 2013).

(2)Interview de Morrissey par Dan Matthews, PETA, septembre 1985

(3) Penseravantdouvrirlabouche.com

(4) « Manslaughter is a legal term for the killing of a human being, in a manner considered by law as less culpable than murder ». Source wikipedia

(5) Julien, Le cauchemar de Dickens, Mongrel éditions, 2013

(6) Discours de M. Le vicomte de Valmer, président de la SPA Paris, 1862

(7) Julien, Le cauchemar de Dickens, Mongrel éditions, 2013

(8) Bulletin SPA Paris, 1855

(9) Julien, Le cauchemar de Dickens, Mongrel éditions, 2013

(10) Bulletin SPA Paris, 1863

(11) La fin des bêtes – Une ethnographie de la mise à mort des animaux, Economica, 2009

(12) Ibid

(13) Trois ans aux Etats Unis, étude des mœurs et coutumes américaines, 1856

(14) Bulletin de la SPA Paris, 1857

(15) Ibid

(16) Le sang et la chair, Editions de la maison des sciences de l’homme, 1987

(17) Fayard, 2013

(18) « The end of the salad days? », BBC, 08 juin 2004

(19) « Don’t call it vegetarian, it is ‘meat free’ », The Telegraph, 16 janvier 2011

(20) Parisien magazine, 08 novembre 2013

(21) Les Inrocks, 20 novembre 2013

(22) Julien, Plaidoyer pour les cochons, Editions du cygne, 2012

(23) Ces commentaires d’Internautes ont été principalement collectés sur le réseau social de l’organisation animaliste L214.

(24) Dans le jardin de la nature, Flammarion, 1985

(25) Ibid

(26) Dans le ventre de la baleine et autres essais, 1931-1943, Ivrea, 2005

(27) Site internet Vegactu.com

La Fondation Assistance aux Animaux ENFIN épinglée !

Depuis le temps…  et quid de la Fondation 30 millions d’amis, de  la FBB, etc ?

Article du canard enchaîné du 11/02/2015 sur la Fondation Assistance aux Animaux

« Un magot de 49 millions, un parc immobilier impressionnant…Longtemps cajolée par l’État, la fondation Assistance aux animaux est dans le collimateur du fisc. La pâtée est bonne ! »

 » Depuis 11 heures, l’attroupement grossit. Nous sommes le vendredi 7 février, et, comme chaque jour, une foule de mamies flanquées de leurs chats ou de leurs toutous malades se presse à la porte de ce dispensaire parisien pour animaux, au n°23 de l’avenue de la République. L’intérieur n’a rien d’une clinique de luxe, même si une ex-Miss Paris assure l’accueil des visiteurs et des « patients ». Les salles d’attente et de soins sont décaties. Le sous-sol est encore moins ragoûtant. A gauche de l’escalier, les toilettes et un débarras. A droite, une porte grande ouverte sur un drôle de bloc opératoire : ni masques, ni bonnets, ni blouses…

Les employés vont et viennent entre les piles de dossiers, tandis qu’un chirurgien opère un grand clébard, les quatre fers en l’air et le ventre ouvert. « Ah ! C’est pas stérile comme pour les hommes ! » s’esclaffe le secrétaire général, Gilbert Mouthon, un personnage haut en couleur. Bienvenue au siège de la Fondation Assistance aux Animaux. Une maison qui gagne à être connu et qui va l’être : elle intéresse sérieusement la Cour des Comptes et les impôts..

Niches de luxe

Reconnue d’utilité publique depuis vingt-cinq ans, cette œuvre caritative soigne les bêtes dont les maîtres sont sans le sou. Un danger qui ne menace guère la fondation : elle affiche 49 millions de fonds propres et reçoit plus de 15 millions de legs immobiliers et de dons par an. Son carnet d’adresses non plus n’est pas pauvre. Le conseil d’administration siège dans de beaux locaux au cœur du parc du château de Versailles et compte parmi ses membres éminents l’ex-ministre UMP Jean-Jacques Aillagon, qui « adore les animaux ». Mais cette richissime institution a surtout une particularité : elle gère quatre fois plus d’appartements et de villas que de dispensaires et de refuges pour animaux ! Pas moins de 74 biens immobiliers situés à Paris, dans les Hauts-de-Seine, dans la banlieue sud et sur la Côte d’Azur…contre 17 établissements pour accueillir les toutous et les matous ! « Nous investissons dans la pierre, car nous dépendons des dons, nous n’avons que quatre années de trésorerie d’avance » gémit la présidente, Arlette Alessandri, 76 piges. Elle vient encore de faire l’acquisition de quatre appartements à Saint Cloud.

Las ! Depuis peu, cet impressionnant patrimoine est passé au scanner par la Direction nationale d’enquêtes fiscale…Le fisc soupçonne les dirigeants d’Assistance aux Animaux de profiter de son statut de fondation, qui l’exonère de tout impôt ou taxe (sur les sociétés, revenus fonciers, plus-values immobilières, TVA, etc.), pour bâtir une entreprise plus commerciale que caritative. Bref de ce goinfrer sur la bête, ce qui pourrait leur coûter « 10 millions de redressement sur trois ans »confie une bonne âme du ministère.

Droit de vétos

Les enquêteurs ont déjà répertorié pas moins de 16 comptes bancaires au nom de la fondation, dont deux comptes titres, et plus de 15 millions de valeurs mobilières qui font des petits, à coté des rentrées de loyers (un demi-million par an). Ce remarquable sens des économies s’allie a celui de la famille. Jusqu’en décembre, le président s’appelait Jean Noël Alessandri, le fiston d’Arlette, qui lui avait succédé avant qu’elle lui (re)succède. Il était défrayé 5800 euros par mois. Il loge à la Celle-Saint-Cloud, dans une villa appartenant à la fondation. « Il loue, et plus cher que le prix du marché » jure sa maman. Un mère intraitable qui s’apprête à propulser son fifils au poste de directeur, cette fois à la place d’une dénommée Luisa Ferrara, rémunérée…6600 euros mensuels.

« Oui ce salaire est scandaleux ! » balance, impavide, le secrétaire général, Gilbert Mouthon. Lequel en poste depuis des lustres, feint encore la stupéfaction sur un autre sujet délicat. Comment la gratuité des soins dans ses dispensaires n’est pas respectée ? Les mamies qui défilent l’attestent d’une seule voix : « On nous demande entre 12 et 18 euros. Mais ça reste trois fois moins que chez le vétérinaire, c’est pour ça qu’on vient. » Au mur, une affichette mentionne une demande de « participation aux frais ». Le fisc y voit un business déguisé et une concurrence déloyale aux vétos, dont les syndicats hurlent depuis des années. Mouthon, lui, poursuit son numéro : « Mais où est passée l’affiche mentionnant la gratuité ? » Pas de chance, elle a disparu juste le jour de la venue du « Canard ». « Elle était pourtant là, on va la remettre dare-dare ! »

Muselière fiscale

A la fondation, l’oseille paie aussi les billets d’avion d’Arlette Alessandri lorsqu’elle se rend dans ses résidences secondaires en Corse. « Seulement un voyage toutes les 3 semaines » minimise Mouthon. « Non, c’est tous les trois mois, et pour me rendre au refuge de Bastelicaccia ! » rectifie la présidente…Dans cet univers pittoresque où bosse 110 salariés, dirigeants et personnel s’entendent comme chien et chat : des fiches sur la vie privée des uns circulent, des données piquées dans les ordinateurs des autres filtrent, les boules puantes et les plaintes se croisent. Gilbert Mouthon n’hésite pas à se vanter encore : « Cet été, nous avons été mis au courant du contrôle fiscal. J’ai appelé un de mes administrateurs, Bernard Gaudillère, pour qu’il intervienne auprès de l’agent. Ça a dérouillé ! » Le Gaudillère en question, élu PS de Paris et ex-premier adjoint aux finances de Delanoë, se trouve être, à Bercy, le grand chef du contrôle général des fondations. A ce titre, il siège à ce titre dans celle de la famille Alessandri. Joint par « Le Canard » il admet : « J’ai appelé l’agent, mais pas pour lui dire de ne pas faire le contrôle fiscal. Je voulais juste vérifier si cet agent avait des relations étroites avec un employé de la fondation. » Pour l’instant, rien n’a attiré son attention… Son pote Mouthon a gardé le « plus grave » pour la fin : « Nous sommes la cible d’un règlement de comptes de salariés et d’anciens employés qui veulent mettre la main sur l’argent de la fondation pour financer le djihadisme. »
La défense est déjà au poil ! »

Article de Jean François Julliard et Christophe Nobili

« Vous pouvez ajouter le scandale de la fondation 30 millions d’amis. Sa présidente Mme Réha Hutin alimente sa société commerciale PRO TV avec, pour partie, l’argent des donateurs qui pensaient naïvement qu’ils aidaient les animaux. Vous n’ignorez pas que les refuges et associations sont dans une situation catastrophique, faute de trésorerie et pendant ce temps-là, Mme Hutin fait des malversations comptables …. et ne dépose pas ses comptes annuels de sa sté cale PRO TV au Tribunal de commerce depuis 10 ans. La trésorerie de la fondation à la fin de son exercice comptable (30/9/2013) était de près de 30 millions d’euros et pourtant refusent les appels de détresse de beaucoup d’associations. »

 »

« Salariée de la fondation assistance aux animaux pendant de nombreuses années je confirme bien volontiers les faits décrits dans l’article du canard enchainé. Cependant, cette triste réalité n’est que la partie immergée de l’iceberg. Ce qui se trouve en dessous est, hélas, beaucoup plus sordide.
Je ne reviendrais pas sur le train de vie allucinant des administrateurs sur le dos de la cause animal, ni sur le fossé qui existe entre les millions d’euros brassés par cette fondation et au final, le peu d’action en faveur des animaux …
La siège de la fondation dont l’adresse se trouve à République (Paris) résume à lui seul les intentions des Alessandrie et Mouton. En effet, en vérité, tout ce petit monde occupe dans l’opulence la plus complète le sublime Hameau de la Reine dans le parc du Château de Versailles dont la fondation a rénover les Bâtisses, reconstruit à l’identique la maison du Fermier et la ferme de Bailly à coup de 10eme de millions d’euros. Silence radio concernant ces dépenses faramineuses pour la petite vieilles retraités à qui on a expliqué que ses 30 euros de fonts allait permettre l’achat de croquettes pour les chiens des refuges !Tout n’est que mensonges et malversations à ce sujet.
La fondation dépense chaque année plus d’argent en frais de justice et d’avocat qu’elle n’en dépense pour nourrir ses quelques animaux; et pour cause : entre autre une gestion du personnel d’un autre âge. A la fondation, on licencie à tour de bras : intimidation, mise sous pression, faux témoignage (je confirme les dires de mon collègue qui témoigne ci dessus). Je pense pouvoir dit sans la moindre exagération que la fondation a brisé des vies et des familles; et certains encore aujourd’hui après plusieurs années ont peur « des gros bras ».
Des faits d’une gravité inouïe (relevant du pénal) ont été décrits par des salariés victimes… des preuves existent … un travail journalistique pourrait mettre un jour un véritable scandale sur fond de protection politique, de franc maçonnerie et de millions d’euros mal acquis… »

Commentaires choisis en réponse à un texte de Peter Singer

« The abuse of animals won’t stop until we stop eating meat » – Peter Singer – The Guardian, 11 fév 2015

Commentaires d’Internautes anglais…

« So you do recognise that dogs, cats and horses get abused then ? So how will us not eating meat help them? »

« the likes of singer blame violence on meat eating. very childish and simple. the likes of singer also make a good living from it. as do the heads of peta and the farm sanctuary. »

« A powerful animal advocacy movement has emerged, and it has made a difference for billions of animals.

You’re conflating the increase in animal welfare science and the increase in animal rights advocacy. Either could have caused the improvements that have been seen. You claim that the improvements were caused by the increase in animal rights advocacy, but where’s your evidence for contingency, when increasing animal welfare science was also present in the same period in the same system?

I think a distinction between mutualistic vs. exploitative symbiosis with non-human animals is a more consistently maintainable and useful distinction in practice. Much like Temple Grandin and David Fraser’s account of the history of animal welfare concern in modern Western cultures and their conclusion that a modern refinement and development of pastoralist ethics has helped improve animal welfare in practice more and would help more than spreading a rather impractical and abstractly idealistic notion of animal rights.

It’s interesting that you don’t appear to have engaged with or responded to Fraser and Grandin’s sympathetic critique of your theory and their alternative ethical theory of ethical pastoralism.

The right criterion for comparing ethical approaches to animal welfare is the results. Animal rights advocates have accumulated a reputation for glossing over important details, sometimes dishonestly bending the facts to fit their agenda rather than fitting their agenda to current actual situations and accounting for diversity in practices between areas and times, such as by circulating videos from the USA or the 50s-70s before animal welfare was drastically improved in Europe as if they were still representative of current practice in Europe.

The narrative that killing animals for meat is inherently cruel or involves necessary and inevitable suffering actually in practice hands a too easy excuse to those who can’t be bothered to care enough to do it properly without any fear or pain. I have seen it done hundreds of times without any fear or pain in the process. It is very possible. Any cases where it’s done with fear and pain in the process are unnecessary and unjustifiable.

Fundamentally I don’t believe in your version of what makes life itself valuable, whether that’s human life or non-human life. I think that’s at the essence of the difference between the animal rights view and the ethical pastoralism view of what constitutes a good life for animals in our care.

‘Natural’ animal lives are not without pain and suffering either. In fact natural death usually occurs by dental decay and parasite burden increase until starvation or predation. Being cared for in a human constructed niche and then selectively killed instantaneously and painlessly or very nearly painlessly is not really necessarily worse than a fully ‘natural’ life without human intervention. »

« There is another problem with Singer’s argument in this piece: he is deliberately conflating acts of abuse (in certain abattoirs) with the idea of meat-eating as a whole, to try to make the case that meat-eating is inherently cruel. I am not sure if that shows true intellectual integrity. »

« Would you be so happy eating your bacon sandwich immediately after a visit to the abattoir? If not, why not? We have the technology and capability to kill animals humanely and quickly, and the fact that we allow criminals to get away with cutting costs by causing extreme cruelty to animals at the point of death and throughout their short lives brings shame on us all.

That’s a very odd comment. I don’t think most abattoir employees are vegetarians or vegans (unless you know otherwise) so why would any other person have a problem with witnessing animal slaughter and eating meat. Humans have been slaughtering and witnessing the slaughter of animals for food since they have existed as humans and in most places and times that has not been nearly so humane. So why do you think « OldBoy » or any of us that do eat meat, would be any different? Or is it that you think abattoir employees are « different » or that you are « special ». I’m not quite sure what you are alluding to here. »

« More people give up being vegetarian than stick with it for life. people like meat, it’s a natural part of our diet and we are animals no more or less cruel than any other of natures creatures. To expect us to be otherwise is the ultimate in speciesism. »

« In reality animals are essential to food security, especially for poor people in arid regions. »

« Animaux nuisibles en Algérie »

« L’administration accorde des primes pour la destruction des animaux suivants :

Un lion ou une lionne : 40 frs

Un lionceau de 1 à 6 mois : 15 frs

Une panthère : 40 frs

Jeunes panthères de 1 à 6 mois : 15 frs

Une hyène : 5 frs

Jeunes hyènes de 1 à 6 mois : 1 frs 50

Chacals de tout âge : 1 frs 50

On peut remarquer que ces primes sont calculées à un taux excessivement bas : elles ne représentent pas, pour chaque animal, la valeur du dommage qu’il peut causer en un jour. »

Bulletin de la Société protectrice des animaux, Paris, année 1862

L’arnaque des chaussures labellisées vegan

Cela fait un certain temps qu’écrire un billet sur les chaussures labellisées vegan me démangeait. Un blog végétarien qui a récemment  publié un article promotionnel sur une boutique vendant exclusivement des accessoires (chaussures et sacs) vegans vient de m’en donner finalement l’occasion.

Il y a plus de dix ans de cela, quand j’étais tombée dans la marmite vegan et que porter des chaussures labellisées vegan faisait partie de la panoplie du parfait vegan, j’avais ainsi acheté trois paires de chaussures : l’une sur un site basé en Angleterre, je ne me souviens plus du nom, mais je peux le retrouver, le pire c’est qu’il doit encore exister : la paire avait tenu 6 mois, le cuir végétal très mou s’était rapidement déchiré : rapport qualité prix pas du tout à la hauteur !

Ensuite, la Mecque de la chaussure vegan, à l’époque, était l’incontournable marque Vegetarian Shoes située à Brighton, le quartier et l’intérieur du magasin faisaient branchouille animal rights à fond les ballons (tracts SHAC de rigueur, etc)  :

Achat de deux paires de chaussures au look très tendance, cela changeait des autres marques de chaussures vegan pour femmes.  Malheureusement, impossible de les porter plus de 15 minutes sans avoir des ampoules et boiter tellement les chaussures me font mal. L’ironie est que le slogan de la marque était que les Vegetarian Shoes sont les seules chaussures qui ont été fabriquées sans avoir fait saigner des animaux… mais pour les porter, ça fait saigner les « animaux humains » !  Je n’ai jamais eu des ampoules qui m’ont fait autant saigner (et m’ont fait mal)  que les ampoules made in Vegetarian Shoes ! La raison provenant certainement du cuir végétal qui était , cette fois-ci, trop dur. Depuis lors, j’ai tenté de les revendre sur le Net, sans succès.

Je m’interroge si, en dehors de leur jeunesse (influence du groupe communautaire), beaucoup de dits « vegans »  adoptent réellement et sur le long terme ce genre de chaussures, au delà du discours actuel de circonstance des militants et de leurs idéologues…

Concernant les sacs vegans, on ne les porte pas au pied, donc, pas de problème à ce niveau là. Le gros hic, et pas des moindres, est où et qui les fabrique (condition de travail, etc) ? Leur prix reste aussi élevé, malgré le fait que cela ne soit justement pas du vrai cuir animal, mais du synthétique. Pas important répondront les militants et leurs idéologues, ce qui compte est de faire partie de cette communauté du « parfait vegan » ; pléonasme car un vegan est forcément un être parfait, toujours  selon les militants, leurs idéologues… et leurs commerçants.

Plutôt commode comme système de pensée, ça évite de se poser les bonnes questions.

Les Cat’s meat’s men (hommes de viande pour chat)

De quelle année date ce texte ? Vous donnez votre langue au chat ?

« En France, le cheval est résolument entré dans la consommation française. En Angleterre, d’après la Revue des sciences naturelles appliquées, les hippophages les plus fervents sont les chats de la ville de Londres. Il y a, environ 200 000 chats à Londres. Leurs propriétaires et amis les nourrissent principalement avec la viande de cheval, et il ne faut pas moins de 170 chevaux par jour pour répondre à l’appétit des félins. Cet escadron est débité à la clientèle spéciale par des bouchers que l’on nomme Cat’s meat’s men ou « hommes de viande pour chat ». Les industriels qui se livrent à ce négoce coupent la viande de cheval en tout petits morceaux qu’ils enfilent artistiquement sur des baguettes de bois : le chat anglais mange donc du cheval à la brochette.

Dès que « l’homme de viande pour chat » agite sa sonnette dans une rue, tous les clients fourrés se précipitent, dit-on, à son encontre, les gouttières se peuplent, et c’est un concert de miaulements à percer l’oreille. Que deviendront ces consommateurs de viande de cheval et leurs fournisseurs si l’automobilisme triomphe ? On ne peut songer pourtant à leur débiter de vieilles voitures à pétrole automobiles, ni à leur donner à ronger des accumulateurs électriques hors de service. Grave question ! Rigueurs du progrès ! »

Appeler un chat un chat quand on ne mâche pas ses mots

En commentant mon article publié dans la revue Études sur la Mort, l’éditorialiste me présente comme une auteure qui « ne mâche pas ses mots ». Son synonyme « appeler un chat un chat » me conviendrait pourtant bien mieux !

Le philosophe Jean-Paul Sartre a écrit que « La fonction d’un écrivain est d’appeler un chat un chat. Si les mots sont malades, c’est à nous de les guérir. Au lieu de cela, beaucoup vivent de cette maladie. »

A la lecture de certains autres auteurs du numéro « La Mort donnée aux animaux domestiques« , je rejoins Jean-Paul Sartre sur le fait que beaucoup d’écrivains – en l’espèce universitaires d’idéologie animaliste (qu’ils soient anglo-saxons ou français) – vivent de cette maladie…

L’animal otage

Un texte remarquable de lucidité :

« Les sociologues américains se bornent à voir dans la prolifération des animaux d’agrément une conséquence du célibat qui, aujourd’hui, aux États-Unis, est la condition de près de la moitié des hommes et des femmes. L’animal, on le sait, nous aide à supporter la solitude et, attendant presque tout de nous, répond à notre besoin de protéger et de plier à l’obéissance au moins un être vivant. En fait, les couples adoptent autant d’animaux que les célibataires, et il se peut que l’indépendance de plus en plus grande de la jeunesse, en empêchant les parents d’exercer autant que jadis leur affectueuse autorité, ait amené nombre de familles à se tourner vers les animaux domestiques, dont la docilité est plus facile à obtenir.

(…) Contrairement à ce que peut faire croire une analyse sommaire du goût de l’homme d’aujourd’hui pour les animaux, ceux-ci ne représentent pas pour lui le moyen d’une évasion mentale vers le monde extérieur ou le monde antérieur, c’est-à-dire le monde qui s’étend hors des villes et des zones industrielles, le monde champêtre et, en un mot, édénique. Ils constituent plutôt la preuve que la vie, sous sa forme brute, peut subsister dans le milieu apparemment hostile créé par la civilisation. Domestique, l’animal est entrainé par l’homme au fond de son enfer, afin de démontrer que ce dernier est, après tout, supportable. L’animal domestique, dans nos grandes villes, est, en quelque sorte, un cobaye, un otage.

(…) Dans l’amour que nous portons à un animal domestique, il y a toujours transfert, et, comme il ne s’agit que d’un déplacement de notre être intérieur, introversion. C’est la raison pour laquelle l’attachement à un animal domestique est un recours aussi important pour les habitants des grandes villes, contraints à une vie dépersonnalisante. En aimant un animal, on s’aime soi. L’amour du semblable est sollicitation, attente de la réponse qui peut ou doit venir de l’autre. Il n’y a mouvement vers autrui, extériorisation, don, échange, qu’à travers l’identité. L’amour qu’on a pour un animal, objet inapproprié, artificiellement humanisé, est en circuit fermé ; on s’y économise. Il traduit toujours un besoin de sécurité, un certain refus de la vie. On ne peut donc s’étonner de le rencontrer chez tous les êtres faibles, les enfants, les femmes âgées et seules, notamment.

(…) Les progrès de la zoophilie sont loin d’apparaître comme un signe de la bonne santé morale de la population de nos pays industrialisés. Il est possible qu’une subtile dénaturation, une insensible désanimalisation de l’animal, due à son long asservissement à l’homme, aux interventions multiples de ce dernier dans son existence, son évolution, ait favorisé ce phénomène. »